100% Made in Tel Aviv

mardi 9 juillet 2013

Julien Clerc à Tel-Aviv : accueil émouvant et triomphe à l’Opéra National d’Israël

Concert Tel Aviv, Photo Nathan Ibgui

Quand Julien Clerc est apparu sur la scène du magnifique Opéra National d’Israël à Tel-Aviv en ce dimanche 7 juillet, le public qui trépignait d’impatience en l’attendant était très ému de constater qu’il avait bien fait le voyage jusqu’à lui, qu’il était bien là, qu’il était venu chanter uniquement pour lui et quand bien même n’eût-il fredonné qu’une seule chanson et s’en fût reparti, cela eût suffi aux innombrables spectateurs présents pour comprendre qu’ils avaient trouvé en lui cette douce chose qu’est toujours un ami véritable.
Car quand on vient à Tel-Aviv, on vient souvent de très loin. Oh certes, seules quatre petites heures d’avion séparent Paris de la capitale israélienne mais pour quelqu’un qui ne partage pas au quotidien le traumatisme de notre histoire, les rigueurs d’une adversité sans cesse renouvelée, les fragilités consécutives à une remise en question radicale et systématique venant de l’extérieur, que de réticences à écarter, que d’incompréhensions à surmonter, que de préjugés à évacuer, que de pièges contre l’esprit à éviter, que de discours négatifs à oublier, que de mystifications à contourner et que de pressions à repousser pour venir rencontrer simplement, le temps d’un concert, un public francophone amoureux d’un chanteur et de son répertoire, un public qui a grandi avec ses chansons, qui les connaît par cœur et les reprend en chœur avec une justesse et une unanimité remarquables et touchantes.
Vue panoramique : Juju et l'orchestre symphonique !

Pour l’occasion, la société Lollyprod et son directeur David Stern n’avaient pas lésiné sur les moyens. Ils avaient convoqué – excusez du peu – quarante musiciens de l’orchestre symphonique pour accompagner Julien Clerc. Ce dernier, également très ému, sut leur rendre un bel hommage en lisant un texte de Charly Chaplin qui louait la générosité et le goût du partage des gens de musique. Le chanteur alterna des chansons choisies dans ses derniers albums avec les succès impérissables que le public était venu réentendre. S’accompagnant au piano ou accompagné de son pianiste, réalisant même avec lui un quatre-mains talentueux, se déplaçant avec beaucoup de maîtrise, de rythme, de façon sobre et parfois suggestive sur une scène savamment éclairée et colorée, il sut disposer avec un grand professionnalisme de la puissance sonore que l’orchestre mettait à sa disposition. A plusieurs reprises, le public enthousiasmé et charmé se leva, une partie se rendant même au pied de la scène pour prendre une photo ou chanter avec lui.
A l’issue du spectacle, il répondit avec une rare simplicité aux sollicitations de la salle comble et conquise qui le rappela plusieurs fois. La toute dernière chanson, l’ambassadeur de bonne volonté du HCR qu’il est depuis 2003 la dédia dans l’assentiment général et les applaudissements à trois réfugiés de la République du Congo.

Julien Clerc à Tel-Aviv, ce fut une nouvelle fois la preuve qu’il existe un véritable engouement du public franco-israélien pour les artistes français. Ce fut aussi pour nous tous une belle fête au cours de laquelle le chanteur administra une grande leçon de courage en montrant que le tout premier engagement qu’un artiste prend à l’égard de son public réside dans le respect des paroles qu’il chante et de la parole qu’il donne et dont il répond.
« Je veux être utile à ceux qui m’ont aimé, dit-il, A ceux qui m’aimeront et à ceux qui m’aimaient Je veux être utile à vivre et à chanter. »
Ces mots simples, comme le sont souvent les mots d’un refrain, nous les avons entendus mais nous avons aussi compris qu’ils étaient ce soir-là pour celui qui les chantait un peu plus que des mots.         

        
Concert Tel Aviv, Photo Nathan Ibgui

Concert Tel Aviv, Photo Nathan Ibgui
Concert Tel Aviv, Photo Nathan Ibgui
           
                                                                                                                                                          Samuel Nathan


Like it, Love it : Ce Que Je Regarde sur Facebook et sur Twitter
Merci Nathan Ibgui pour les excellentes photos !

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 Ce Que Je Regarde est partenaire de Concept Store !








lundi 8 juillet 2013

La mode israélienne en ligne !







Ça pousse, ça pousse, les sites internet de ventes en ligne made in Israël !
Il y a de tout : 
Design, fashion, cadeaux, enfants, chaussures... Le but de tous ces sites, c'est de partager la créativité israélienne à l'internationale ! En effet, pourquoi ne pas toucher un public plus important, un public qui a un réel intérêt pour les créations de notre petit pays qui ne compte que 6 millions d'habitants. 
C'est le cas bien précis du site IL Couture (Israël Couture) qui travaille depuis quelques temps avec de talentueux designers et vise à apporter au paysage international une palette de couleurs vives et des styles élégants.
 Venez découvrir ce site créé par deux jeunes entrepreneuses : Yael et Netta, trentenaires qui n'ont de cesse de s'engager sur la scène Fashion israélienne et participent à de nombreux projets qui relient la fashion et la technologie.
Venez découvrir ce site ! Vous trouverez sûrement une tenue IL Couture à votre goût !



Dresses made by Shil



 

Like it, Love it : Ce Que Je Regarde sur Facebook et sur twitter

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 Ce Que Je Regarde est partenaire de Concept Store !





lundi 24 juin 2013

SAUVER MOZART de Raphaël Jerusalmy



Lu pour vous…

Le Prix Roblès 2013 de littérature à SAUVER MOZART de Raphaël Jerusalmy


(Like it, Love it : Ce Que Je Regarde sur Facebook et sur twitter)

Le 7 juin dernier le Prix Emmanuel Roblès de littérature a été attribué à Raphaël Jerusalmy pour son livre Sauver Mozart paru l’an dernier aux éditions Acte Sud. Il s’agit d’un prix organisé par les bibliothèques de Blois-Agglopolis et remis chaque année au mois de juin depuis 1990 à l’auteur français ou francophone d’un premier roman. Véritable Prix Goncourt du premier roman, il est constitué d’un jury de lecteurs et doté d’une bourse de 5000 euros qui permet au lauréat de commencer ou de poursuivre un projet d’écriture.
Nous renvoyons les lecteurs de Cequejeregarde.com aux nombreux commentaires à la fois perspicaces et élogieux qui ont suivi la parution de Sauver Mozart pour nous limiter à quelques remarques qui donneront peut-être envie à ceux d’entre eux qui ne l’ont pas encore fait de lire cet ouvrage.
 Les membres du jury du Prix Roblès auront certainement été séduits par un travail très intéressant mené par l’auteur sur la forme littéraire. Le livre est en effet un journal intime de facture assez classique, celui d’Otto J. Steiner écrit entre le vendredi 7 juillet 1939 et le vendredi 2 août 1940. Le diariste y dévide presque simultanément et au jour le jour trois fils d’intrigue : le fil personnel d’un brillant mélomane ravagé par la solitude et la tuberculose ; le fil plus social mais mortifère et souvent  humiliant du sanatorium de Salzbourg où il est admis ; et le fil d’une histoire collective qui s’apprête à précipiter le genre humain dans l’horreur absolue. Mais ce journal, curieusement s’adresse à quelqu’un, il a un destinataire en la personne de Dieter, le propre fils d’Otto et probablement la seule personne vivante de la famille, qui a émigré en Palestine et qui sera selon les volontés du père le récipiendaire de ces pages et l’héritier de son appartement. Le diariste devient alors testateur puis épistolier dans le cadre de lettres magnifiques – écrites en italique dans le livre - et qui sont comme des ponts jetés vers l’avenir par-dessus la catastrophe imminente. Mais ce n’est pas tout : le contenu continu de certaines de ces lettres et le discontinu du journal intime sont porteurs de péripéties à proprement parler narratives – notamment la tentative d’attentat contre Hitler et la supercherie musicale de l’ultime fiestspiele – qui justifie la mention roman présente en première de couverture et qui font du diariste-testateur-épistolier… un romancier ! On l’aura remarqué, Jerusalmy utilise très habilement la palette des genres littéraires afin d’obtenir une densité et une unité réelles d’écriture.
Raphaël Jerusalmy

En outre, l’auteur met à profit la culture générale du lecteur – on dirait aujourd’hui qu’il « surfe » sur ses connaissances – pour évoquer en lui des effets d’images qui deviendront quelques mois plus tard d’atroces réalités. Ainsi, l’idée qu’il juge cocasse de constituer au sein du sanatorium un orchestre de phtisiques en pyjama tout comme l’allusion renouvelée aux trains dont le mari de sa locataire rôde les trajets vers l’est auront de sinistres applications dans le monde concentrationnaire. Par ailleurs, dès la première date et la première occurrence du mot « tuberculose », le lecteur comprend que l’auteur utilise le ressort de l’anticipation dans la gestion de l’histoire et que si l’issue tragique du personnage principal et des autres pensionnaires de l’établissement est fortement suggérée et dénuée de toute intensité dramatique, en revanche, c’est la façon dont les faits vont se succéder qui va retenir toute l’attention du lecteur. Le narrateur parvient ainsi à mettre en valeur le rôle quasi surréaliste d’officiel lors de la rencontre au sommet du Brenner d’un Otto J. Steiner  poitrinaire, souffreteux à peine extrait de son sanatorium, qui approche Ribbentrop et le conte Ciano, à qui Hitler – himself ! – remet sa casquette et qui est à deux doigts de réussir l’empoisonnement des deux dictateurs… Et de la même façon, grâce à ses immenses compétences en matière musicale et par l’intermédiaire de son ami Hans et d’un musicien complaisant, il parvient à faire entonner un vieil air juif que fredonnait son voisin de chambrée avant de mourir à un parterre de nazis incultes et ridiculisés à leur insu, sauvant ainsi Mozart et la musique à défaut d’avoir tué le führer.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Sauver Mozart, c’est refuser à la dictature l’appropriation et l’instrumentalisation de la beauté à des fins de politique perverse et inhumaine. Sauver Mozart c’est résister de toutes ses forces – ici déclinantes et d’autant plus pathétiques – à l’idéologie aveugle et cruelle afin de préserver vaille que vaille ce coin de bonheur et de liberté et ce gisement d’idéal qui donnent du sens aux existences et les attachent à la vie. Pour Otto J. Steiner, c’est la musique qu’il connaît et sert si bien, une musique devenue militante, combative, subversive, politique au sens noble du terme et particulièrement courageuse. Certes le geste est beau, généreux, sublime mais il relève, on en conviendra, du baroud d’honneur. L’agneau de la fable meurt sous les crocs du loup et ni La Flûte Enchantée ni La Recherche du Temps Perdu n’ont empêché l’assassinat de millions de petits Mozart. Le combat n’était pas singulier et jamais l’Art n’a constitué un rempart contre la barbarie. La solution véritable, il faut curieusement la chercher moins dans l’intérieur fictionnel de l’ouvrage que dans la réalité de l’itinéraire biographique et atypique de son auteur ou peut-être dans le reste de son œuvre qui mérite d’être découverte si elle est dotée de la grande qualité de ce premier roman.

                                                                                                                                                       Samuel Nathan
Sauver Mozart, Raphaël Jerusalmy, roman, mars 2012, Actes Sud



-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 Ce Que Je Regarde est partenaire de Concept Store !